Seb Toussaint, street-artiste globe trotter, vient faire danser ses pinceaux sur une toile de tente de réfugiés à la Gare de Lyon !

Seb Toussaint, l’artiste qui peint pour les réfugiés

Donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. Voilà l’objectif du street-artiste Seb Toussaint qui peint ses fresques dans des bidonvilles ou des camps de réfugiés du monde entier.

Franco-britannique, l’artiste est principalement influencé par deux sous-cultures: la scène des « ultras » et l’écriture des graffitis. Son inspiration, il la tire des lieux qu’il a découverts aux quatre coins du monde, et sa passion pour les paysages urbains, les polices, les scripts et les cultures locales.

Autodidacte, il se nourrit de voyages intenses et de peinture en plein air. Il fonde avec son ami Spaq, un photographe normand, « outsiders krew », un collectif artistique créé pour réunir les différentes formes d’art et diriger des projets artistiques sur les 5 continents.

=> « Je veux peindre pour rendre les invisibles visibles ».

C’est au cours de ses pérégrinations autour du globe que lui vient l’idée du projet « Share the word ». Grâce à ses pinceaux, il veut permettre aux gens du monde extérieur d’écouter ce que les communautés marginalisées veulent exprimer. Outre la simple beauté des espoirs colorés qu’il peint, il souhaite attirer l’attention sur ces lieux oubliés.

Indonésie, Kenya, Égypte, Philippines, Inde, Colombie, Ethiopie, “Jungle” de Calais, Népal, Inde, Irak, Niger, Brésil, Kurdistan… Depuis cinq ans, l’artiste parcourt les bidonvilles et les camps de réfugiés du monde entier.

Son concept : demander aux personnes qu’il rencontre, migrants, réfugiés ou sans abris de lui donner un mot, dont il va faire une peinture pour embellir leur habitation. Pour l’artiste, ce projet est un bon moyen d’utiliser l’art pour “parler de ces endroits de manière positive et mettre en avant ceux dont on ne parle jamais ».

L’art au plus près des réfugiés

Trois fois par an, Seb Toussaint s’installe donc dans un camp de réfugié. N’appartenant à aucune organisation, l’UNHCR lui permet de dormir sur place ; la nuit, c’est le seul non réfugié du camp.

=> « Je suis toujours bien accueilli. Je m’installe dans le camp ou le bidonville et je vis avec eux, au plus près de la population. Les gens sont ravis de voir d’autres personnes venues d’ailleurs qui s’intéressent à eux. »

En général, il passe 4 à 5 semaines à l’intérieur du camp et peint une quinzaine de tentes de réfugiés au gré de ses rencontres. A ce jour, ce ne sont pas moins de 146 mots peints dans le monde entier, dans de nombreux scripts et langues, sur des murs ou des tentes de réfugiés.

“Paix”, “Amour”, “Unité” et “Liberté” sont les mots qu’il peint le plus. Des mots qui réconfortent pour ces personnes qui se sentent ignorées, marginalisées, voire même haïes.

=> « J’utilise le pouvoir d’attraction du graffiti avec des couleurs vives, le travail des ombres et des contours, pour attirer l’attention et mettre en lumière la parole de ceux qu’on n’entend jamais. Et puis j’apporte de la couleur dans des lieux où il n’y en a jamais ».

Il utilise du matériel trouvé dans le pays, quitte à fabriquer lui même ses couleurs avec des pigments locaux. Pareil pour les pinceaux, qu’il chine dans les marchés environnants. Car si les habitants le voient peindre avec leurs produits, ils savent qu’ils peuvent le faire eux-mêmes.

De manière spontané et sans croquis, il peint directement sur le mur sans préparation préalable. Chaque dessin nécessite 2 à 3 jours de travail, pendant lesquels il invite les enfants à participer à la fresque. Un moyen d’amener de l’art à ceux qui n’ont pas la chance d’en avoir.

=> « On profite de moments qui paraissent très simples mais qui sont très jouissifs : peindre ensemble, partager un bon repas ou jouer au foot. Les trois sont très universels. Au final, on jouit des mêmes choses : de l’amour, des moments entre la famille et les amis. »

Pour que la prise de conscience soit collective, ce street artiste sans frontière continuera d’écrire les espoirs qui perdureront sur les murs du monde entier !

Des liens :

Le site de Seb Toussaint : https://sebtoussaint.com/

Réalisation & Images : Charlotte Espel

Montage : Camille Saiseau